Quelle hybride rechargeable coûte le moins cher en voiture de société ?
Trois d’entre elles, à égalité parfaite.
La Škoda Superb Combi, la Peugeot 3008 et le BYD Seal U DM-i coûtent 47 505 €, 45 400 € et 37 900 € au catalogue belge relevé le 26 septembre 2026. Leur conducteur déclare pourtant exactement le même avantage de toute nature, 1 690 € par an, parce que les trois tombent sous le seuil où le calcul atteint le minimum légal fixé pour les revenus 2026. Le prix d’achat, qui sépare ces voitures de 9 605 €, ne laisse aucune trace sur la fiche de paie.
On les départage donc sur l’autonomie électrique : jusqu’à 120 km pour la Škoda, 93 à 97 km pour la Peugeot, 80 km pour la BYD. C’est ce chiffre qui décide combien de trajets domicile-travail se font sans une goutte d’essence.
Au-dessus du plancher, l’ordre suit le prix. Hyundai Tucson 1 738,25 €, Škoda Kodiaq 1 780,97 €, BMW X1 1 854,86 €, Toyota RAV4 1 910,06 €, Volvo XC60 2 296,80 €. Entre la première et la dernière, 606,80 € par an, soit 50,57 € de plus chaque mois dans la base imposable du conducteur.
Comment se calcule l’ATN d’une hybride rechargeable en 2026 ?
Valeur catalogue, fois 4 %, fois six septièmes. Avec un minimum de 1 690 € par an.
La formule générale de l’avantage de toute nature part d’un pourcentage de 5,5 %, corrigé de 0,1 point par gramme de CO2 au-dessus ou en dessous d’une émission de référence que le SPF Finances a fixée pour 2026 à 70 g/km en essence et 58 g/km en diesel. Ce pourcentage ne descend jamais sous 4 % et ne dépasse jamais 18 %. Une vraie hybride rechargeable est traitée comme une électrique : 4 % d’office, quel que soit son CO2 exact. La valeur catalogue est le prix TVAC options comprises, remises non déduites, et un coefficient d’âge la réduit de 6 % par an après la première année, jusqu’à 70 % au-delà de cinq ans.
Le chiffre à retenir en découle directement : 49 291,67 €. En dessous de cette valeur catalogue, 4 % des six septièmes du prix donnent moins de 1 690 €, et c’est le minimum qui s’applique. Au-dessus, chaque tranche de 1 000 € d’options ajoute 34,29 € d’ATN annuel.
La conséquence pratique est rarement expliquée en concession. Sur une Škoda Superb Combi à 47 505 €, les 1 786,67 € d’options suivants n’alourdissent pas l’ATN d’un centime. Sur la Peugeot 3008, la marge atteint 3 891,67 €, et sur le BYD Seal U, 11 391,67 €, de quoi cocher presque tout le catalogue d’options.
Le minimum de 1 690 € représente 140,83 € par mois ajoutés au salaire imposable. L’ATN n’est pas une somme à payer : c’est une base sur laquelle le précompte professionnel est retenu, et son effet sur le net dépend du taux marginal du conducteur.
Trois des huit ne sont de vraies hybrides que grâce au seuil de 75 g
La Peugeot 3008, le Hyundai Tucson et la BMW X1 affichent de 54 à 63 g de CO2.
La loi fiscale qualifie de « fausse » hybride toute voiture dont la batterie offre moins de 0,5 kWh par 100 kg de masse, ou dont le CO2 dépasse 50 g/km. Depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables sont homologuées selon la norme Euro 6e-bis, qui mesure leurs émissions de façon plus réaliste, et leur CO2 affiché a grimpé d’un coup. Le législateur a donc relevé le seuil à 75 g/km pour ces homologations, et la circulaire 2026/C/10 de l’administration fiscale en précise l’application à l’avantage de toute nature.
Sans ce relèvement, ces trois versions basculeraient dans le régime des fausses hybrides. L’ATN serait alors calculé sur le CO2 du modèle thermique correspondant, ou, faute de modèle équivalent, sur le CO2 de l’hybride multiplié par 2,5. Pour le Tucson à 62 g, ce second calcul donnerait 155 g, un taux de 14 % et 6 083,88 € d’ATN par an, trois fois et demie le montant actuel.
Le second critère, celui de la batterie, ne pose de problème à aucune des huit. Même le Tucson, doté de la plus petite batterie avec 13,8 kWh, reste au-dessus du seuil tant que sa masse ne dépasse pas 2 760 kg.
Un réflexe avant de signer : lire le CO2 sur le certificat de conformité de la version exacte, jantes et finition comprises, parce que c’est lui, et pas la brochure, qui fixe le régime fiscal.
Une hybride rechargeable de société est-elle encore déductible en 2026 ?
Pour une société qui la commande en 2026, non.
La loi du 25 novembre 2021 sur le verdissement fiscal et social de la mobilité a programmé la fin de la déduction des voitures qui émettent du CO2, hybrides rechargeables comprises. Une voiture commandée entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025 se déduit à 75 % en 2025, 50 % en 2026, 25 % en 2027, puis plus du tout en 2028. Commandée à partir du 1er janvier 2026, elle n’est plus déductible à l’impôt des sociétés, alors qu’une électrique commandée la même année l’est encore à 100 %.
L’indépendant imposé à l’impôt des personnes physiques échappe à ce couperet. Le gouvernement a rétabli pour lui un calendrier plus doux, que la Commission européenne a jugé incompatible avec un maintien pour les sociétés : 75 % de déduction jusqu’à la fin de 2027, puis un taux dégressif.
Le paradoxe de 2026 tient en une phrase : l’employeur ne déduit plus rien, le conducteur paie toujours le minimum. Pour une car policy, l’hybride rechargeable coûte désormais plus cher qu’une électrique ; pour le conducteur qui en reçoit une, elle ne coûte pas plus.
L’ATN est fédéral, les taxes d’immatriculation sont régionales
L’avantage de toute nature se calcule de la même façon à Arlon, à Ixelles et à Gand : il relève de l’impôt fédéral des personnes physiques, et ce classement vaut à l’identique dans les trois Régions. D’une Région à l’autre, seules changent les taxes attachées à l’immatriculation, et elles traitent l’hybride rechargeable de trois façons opposées.
En Flandre, la taxe de mise en circulation repose sur le CO2, la norme Euro et le carburant, si bien qu’un CO2 homologué bas, comme les 23 g de la Volvo XC60, pèse peu. À Bruxelles, seule compte la puissance, en chevaux fiscaux ou en kilowatts, le plus élevé des deux étant retenu, et le CO2 n’y joue aucun rôle. En Wallonie, la formule entrée en vigueur le 1er juillet 2025 croise la puissance, le CO2, la masse maximale autorisée et le carburant, ce qui pénalise à la fois les batteries lourdes et les moteurs puissants.
Pour une voiture de société, ces taxes sont réglées par le titulaire de l’immatriculation, le plus souvent la société ou le loueur. Pour un particulier qui achète l’une de ces huit voitures, le calcul se refait avec le simulateur de sa Région, certificat de conformité en main.
Faut-il choisir la plus autonome ou la moins chère ?
La plus autonome sous le plancher.
Le plancher de 1 690 € s’applique jusqu’à 49 291,67 € de valeur catalogue. Dans cette zone, la Škoda Superb Combi offre la plus longue autonomie, jusqu’à 120 km, pour le même ATN que la Peugeot 3008 et le BYD Seal U. Au-delà, chaque kilomètre d’autonomie supplémentaire se paie : la Volvo XC60 ajoute environ 80 km à la Superb pour 606,80 € de plus par an, soit 7,59 € par kilomètre d’autonomie et par an. Le Toyota RAV4 fait le compromis, avec jusqu’à 130 km annoncés pour 220,06 € de plus par an que la Škoda.
Notre recommandation : la Škoda Superb Combi 1.5 TSI PHEV pour un conducteur de société qui recharge chaque jour, et le Toyota RAV4 PHEV comme alternative pour qui veut un SUV et dépasse 100 km de trajet quotidien. À éviter : signer une hybride rechargeable dont le CO2 homologué frôle 75 g sans avoir lu le certificat de conformité.
Les prix catalogue proviennent du catalogue belge du Moniteur Automobile (données JATO), relevés le 26 septembre 2026 et recoupés avec les sites belges des marques. Les autonomies, batteries et émissions viennent des sites belges et des dossiers de presse des constructeurs. Les règles d’ATN proviennent du SPF Finances (émissions de référence et minimum pour les revenus 2026), le seuil de fausse hybride de la circulaire 2026/C/10, et le régime de déduction de la loi du 25 novembre 2021 telle que modifiée fin 2025. Aucun de ces huit modèles n’a fait l’objet d’un essai maison.